Des tubes à essai devant le logo de Bristol Myers Squibb.
par Sabrina Valle et Michael Erman
AstraZeneca et Bristol Myers Squibb ont mené des discussions préliminaires portant sur une éventuelle fusion qui donnerait naissance à l'une des plus grandes entreprises pharmaceutiques au monde, avec une valeur combinée de près de 400 milliards de dollars (346,95 milliards d'euros), selon une source proche du dossier.
Cette information a d'abord été rapportée par le Financial Times dimanche. Reuters n'a pas pu déterminer si ces discussions se poursuivaient.
Un éventuel accord présenterait un risque réglementaire, les autorités américaines de la concurrence pouvant se montrer plus réticentes sous l'administration du président Donald Trump, a indiqué cette source sous couvert d'anonymat.
Alors qu’AstraZeneca avait dévoilé l’année dernière son intention de s’introduire directement en Bourse aux États-Unis pour tirer parti des valorisations plus élevées outre-Atlantique, un tel accord signifierait qu’une entreprise basée au Royaume-Uni rachèterait de fait un géant pharmaceutique américain de premier plan.
Un porte-parole d’AstraZeneca a refusé lundi de commenter. Bristol Myers n’a pas répondu à une demande de commentaire dimanche.
A la Bourse de Londres lundi, vers 09h55 GMT, l'action AstraZeneca recule de 5,7%.
UNE "MÉGA-FUSION" QUI PEINE À CONVAINCRE
Investisseurs et analystes ont remis en question la logique stratégique de ce possible rapprochement, estimant que le plus grand laboratoire pharmaceutique britannique n’avait guère besoin, à première vue, d’une acquisition de cette ampleur, malgré les avantages financiers potentiels.
"Une fusion avec Bristol n’a aucun sens, ni sur le plan stratégique ni sur le plan financier", a déclaré Markus Manns, gestionnaire de portefeuille chez Union Investment, un actionnaire d’AstraZeneca. "De nombreuses méga-fusions passées ont détruit de la valeur et il n’y a aucun besoin apparent pour Astra de s’engager dans cette voie."
Lukas Leu, gestionnaire de portefeuille chez ATG Healthcare, actionnaire d’AstraZeneca, a indiqué qu’un accord pourrait améliorer les marges grâce à des synergies de coûts et étendre la présence de l’entreprise dans les domaines des neurosciences et de la thérapie cellulaire, mais s’est interrogé sur la manière dont une entité fusionnée positionnerait les médicaments concurrents.
"Je ne suis pas un grand partisan des méga-fusions : elles étouffent l’innovation et la souplesse, et auraient un effet dilutif sur la croissance d’AstraZeneca à court terme", a-t-il déclaré.
AstraZeneca affichait vendredi une capitalisation boursière de 264,11 milliards de dollars, tandis que Bristol Myers était évalué à 133,41 milliards de dollars.
(Sabrina Valle et Michael Erman à New York et Devika Nair à Bangalore ; avec la contribution de Chris Sanders à Washington, Maggie Fick à Londres, Prerna Bedi et Pushkala Aripaka à Bangalore ; version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)

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